mardi 19 novembre 2013

Petit séjour à Port-au-Prince

J'adore la campagne haïtienne mais il me vient de temps à autres l'envie irrésistible de faire un peu de tourisme en Haïti.

Mon conjoint et moi avons donc décidé d'aller passer quelques jours à Port-au-Prince.

J'avais entendu parler et lu de la publicité concernant le Musée MUPANAH (Musée du Panthéon National Haïtien) et j'avais hâte de le visiter.   En fait, j'avais un peu honte de n'y être jamais allée...
Vu que l'endroit est l' une des visites qu'Air Transat recommande aux clients de leur forfait Montreal-PaP, je ne comprenais pas comment se faisait-il que je n'y sois pas allée...

Le lendemain de notre arrivée à Port-au-Prince, destination no. 1:  le musée.

Musée Mupanah, Port-au-Prince

Vu sur le toit du Musée MUPANAH



Bassin joliment décoré de mosaïques sur le toit du Musée




Aussitôt entrés, nous avons été saisis par la beauté du site:  tant par l'architecture, la décoration, le
travail des artisans et le contenu historique.


Contents de notre visite, nous nous dirigeons vers Croix-des-Bouquets, petite ville située à environ 30
minutes de l'aéroport, pour visiter 'le village des artisans'.


J'avais lu sur le sujet que des artisans --principalement des artisans qui travaillent le fer-- s'étaient installés là pour y travailler et offrir leurs œuvres à la clientèle.  Malgré le fait que les indications pour ce rendre à ce village des artisans sont plus que déficientes, avec beaucoup de détermination, nous avons donc trouvé l'endroit et avons été accueillis avec beaucoup de gentillesse par les
marchands et artistes.




Galerie d'oeuvres en fer taillé - Croix-des-Bouquets, Haïti




Après avoir un peu, beaucoup marchandé... Nous repartons contents de notre après-midi avec 2 jolies pièces dont nous sommes bien fiers...


En remontant vers Pétionville pour nous rendre à l'Hôtel Kinam, nous sommes pris dans un bouchon qui n'en finit plus ... 2 heures!   J'en profite pour admirer les étals sur le bord de la route.












Vraiment... Il y a de forts jolis objets!

Presque arrivés à l'hôtel, je suis étonnée de constater la différence entre certains quartiers qui se côtoient...



Enfin arrivés et contents d'une journée bien remplie!

lundi 18 novembre 2013

Retour en Haïti après 6 mois d'absence

Partir de Montréal et retourner en Haïti après six mois d'absence, c'est me réhabituer à vivre dans un pays sous-développé...

Arrivée à la mi-octobre, c'est la saison des pluies;  il pleut des cordes pendant des heures surtout la nuit mais parfois le jour aussi.  Cette année, nous nous comptons chanceux, car il n'y a pas eu de tornades ni de tempêtes tropicales.  En fait, je  vous conseille de venir en Haïti qu'à partir de décembre;  jusqu'à la fin mars, côté climat, je r é p è t e:  CÔTÉ CLIMAT, c'est presque le paradis!
Journées chaudes et ensolleillées, nuits fraîches descendant jusqu'à 18 C.

Pour moi Haïti, c'est vivre à la campagne, au milieu d'une nature luxuriante mais aussi avec les pannes d'électricité ou arrêts du service pour quelques heures ou quelques jours par la compagnie d'électricité d'état.  C 'est donc, du point de vue énergétique, essayer d'être autonome, car le système du pays est très déficient.


Nos moutons dans leur pâturage




Un jardin bien différent de celui du Québec....




C'est vivre sans possibilités de faire ses courses hebdomadaires ou quotidiennes au supermarché,
sans accès à un boucher ou une boucherie.   En fait, sans aucun magasin ni boutique vraiment organisés à moins de se taper 200 km et d'aller à Port-au-Prince.  En même temps, il est bon de constater que l on peut passer des semaines et des mois sans mettre les pieds dans un centre d'achats...

Alors, pour ce qui est de la viande, il arrive que l'on fasse appel à quelqu'un pour abattre un agneau et le débiter...  Parce que NON! On ne trouve pas de boucherie ici.




Oubliez les machines à laver automatiques, oubliez à peu près tous les appareils qui consomment
beaucoup d'électricité.  Ici nous n avons pas le choix:   nous comptons le nombre de watts consommés et quand on y réfléchit.... C'est très bien comme ça... Ça change des pays développés ou l'on dépense les énergies sans compter... Quand je vois le mode de vie de beaucoup d Haïtiens qui ne bénéficient d'aucun courant électrique pour leur faciliter l'existence ou rendre leur quotidien plus agréable, je me trouve bien chanceuse de vivre dans ce pays tout en étant très confortable...

Vivre à la campagne en Haïti, c'est une merveilleuse expérience humaine et de surcroît qui me donne la possibilité de développer mes aptitudes en horticulture et créer un environnement magnifique dans un pays qui le mérite bien.

Jamais je n'aurais accepté de vivre en Haïti en milieu urbain.






dimanche 17 février 2013

Se faire offrir un enfant ou jusqu'où mène le désespoir.




Ce message n'est  pas simple; le sujet difficile.     Je suis bouleversée par l'expérience vécue hier après-midi et l'idée m'est venue de partager avec vous mon désarroi.

Pas que ce n'est pas  la première fois que l'on m'offre un bébé ou un enfant en Haïti...   

Lors d'un de mes premiers séjours en Haìti, j'avais rencontré une mère qui, un jour, m'avait dit qu'elle avait 6 enfants et le suivant 7.   Je ne comprenais pas et lui avais demandé: était-ce 7 ou 6
enfants qu'elle avait.   La mère, fièrement, alla chercher  quelques photos pour me montrer son enfant qu'elle avait donné en adoption et qui vivait en France.   L'expérience m'avait sonnée.    Je ne comprenais pas comment une mère pouvait donner son enfant; en être fière et trouver ça normal...

La seconde fois que j'ai été confrontée à ce symptôme d'une très grande détresse humaine c'est    lorsqu'une mère est venue à la maison avec son bambin de 3-4 ans pour nous dire qu'elle était seule pour prendre soin de lui, qu'elle devait aller à Port-au-Prince pour travailler et qu'il n'y aurait donc personne pour s'occuper de son enfant.   Elle avait donc pris la décision de l'abandonner dans un orphelinat.    Avant d'y aller, elle avait penser en venant nous trouver que peut-être, par chance,  nous pourrions l'aider en le prenant chez nous...

Hier, nous étions dans une localité ou nous allons régulièrement.  Cet  endroit est éloigné des villes et les gens qui y habitent vivent dans de petites maisons où ils ne sont probablement pas même à l'abris de la pluie.  Lorsque nous y allons, c'est toujours avec beaucoup de joie que nous revoyons la ribambelle d'enfants qui, aussitôt qu'ils nous voient accourent nous accueillir.  Ils ne nous lâchent pas.  Ils posent mille et une questions, touchent à nos cheveux, essaient de déterminer la couleur de notre peau....'' Oh lui c'est un grimau, elle, elle a la peau rouge''.....    Depuis quelques années, nous avons donc créer des liens avec ces enfants et leurs mères.   

Ces enfants  sont tous adorables, spontanés, épanouis et vivent au milieu de 6-7 petites maisonnettes habitées par leur parenté.   Ils jouent avec leurs soeurs, frères et cousins.   

Derrière cette cascade de rire d'enfants et cet environnement bucolique existe toutefois une grande misère, un grand désespoir.   À tous les jours peiner à nourrir leur famille, ne pas savoir ce que demain leur réserve,  ne pas pouvoir envoyer leurs enfants à l'école parce qu'on a pas l'argent pour leur acheter des souliers ou même les cahiers ...

Ces Haïtiens vivent dans une extrême pauvreté.  Ils ont perdu espoir que leur sort et celui de leurs enfants s'améliorent.    Souvent seules et sans aide aucune, certaines mères en viennent à croire que la seule façon d'assurer un avenir à leur enfant c'est de le donner à quelqu'un ...un blanc...
quelqu'un qui habite ailleurs qu'en Haïti.






dimanche 6 janvier 2013

Emondeur en Haïti: voici Tètbwa


Tètbwa, émondeur en Haïti
Après avoir visité Haïti plusieurs fois, je me suis rendu vite compte que la relation que les Haïtiens entretiennent avec leurs arbres n'est pas du tout la même que la nôtre.  

D'abord dans les pays occidentaux, ne pensez pas couper un arbre sur votre terrain sans permis!  Les voisins vous dénonceraient et les autorités de la ville rappliqueraient! Dieu sait ce qui adviendrait de vous!  Pour avoir voulu émonder quelques branches d'un arbre dans mon jardin, j'ai dû affronté la mauvaise humeur de mon voisin me disant que je n'y connaissais rien et que ce travail devait être fait par un émondeur professionnel. Faute de quoi.....       Bon... j'comprends et je m'incline.... mais autre pays, autres moeurs.

Lorsqu'on a pas de travail, pas de sécurité, aucune aide de qui que ce soit, les arbres, lorsqu'il en reste, demeurent une source de revenu.  J'en ai déjà parlé dans ce Blog  faire du charbon demeure une activité lucrative et permise en Haïti .

Ceci dit, il est très choquant de constater à quel point Haïti souffre de déforestation.   Il ne reste que 2% de la surface du pays qui est boisée.

Ayant eu un coup de foudre pour  notre petit coin de terre parce qu'il y poussait  toujours plusieurs arbres matures (manguiers, cocotiers, arbres à pain, Ylan-ylan, goyaviers, amandiers, etc), nous recherchions depuis quelques années quelqu'un capable d'émonder nos arbres....
Nous nous sommes informés mais sans succès.   La profession d'émondeur professionnel n'existe tout simplement pas car les gens coupent les branches au fur et à mesure des besoins pour faire du charbon.   Rares sont ceux qui ont le luxe d'émonder leurs arbres pour les protéger de fractures, de maladies ou pour améliorer la forme...!!!!!

Et puis, voilà, Tètbwa qui s'amène...    Il ne fait que ça tailler des branches et couper des arbres.  Il a appris son métier sur le tas , au cours des années.   Ça fait au moins 15 ans qu'il fait ça et il en est fier.   C'est un 'self-made man'.   Oubliez les scies mécaniques ici!   Tout est fait à coups de machette et dans la bonne humeur.
Pour le coté sécurité, Tètbwa s'est fabriqué un système de cordes pour s'attacher à l'arbre.  Après ça, c'est la force et les nerfs qui font le reste.   











Tètbwa dans un immense manguier




mercredi 2 janvier 2013

L'école Ste-Jeanne-de-Chantal, Chantal



C'est au début des années cinquante que cette école a été fondée par  les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée Conception à Chantal, petit village dans la plaine des Cayes.


Soeur Nicolle et un groupe d'élèves
 Environ 450 petites filles et garçons fréquentent l'école et 10 professeurs y enseignent.


L'école offre des classes aux élèves de maternelle, 1er et 2e cycles des études fondamentales.  Cette année, des travaux ont été entrepris pour pouvoir accueillir le 3e cycle et ainsi permettre aux élèves de poursuivre toutes leurs études fondamentales à la même école.




Préparation  sur feu de bois de la collation des élèves

Les cuisinières de l'école au travail
Une classe de 50 élèves de pré-scolaire!!!


Allez! il faut se laver les mains avant de manger...

L'heure de la collation

Finie  la récré!   mettez-vous en rangs...



L'école n'est pas gratuite en Haiti; il y a des frais pour envoyer les enfants à l'école.   Aussi minimes soient-ils, les parents ne réussissent pas toujours à mettre de coté ce qu'il faut pour envoyer leurs enfants à l'école.  Il en coûte environ 100$ US par année pour payer l'écolage, l'uniforme ainsi que le repas de la cantine d'un enfant.

Car il faut le dire, à la campagne à Haiti, le travail rémunéré est rare, les familles nombreuses.   Les besoins des familles sont de tous ordres et les revenus extrêmement faibles.  

Les enfants comprennent vite que beaucoup de leurs petits copains
n'ont pas leur chance..... et c'est fières et joyeux qu'ils empruntent tôt le matin les routes d'Haiti pour se rendre à l'école.

Février  2012

La direction, les professeurs et les élèves ont préparé une bien belle journée de carnaval à laquelle j'ai assisté.  Avec beaucoup de plaisir, je partage avec vous quelques photos prises lors de cette journée.

Les enfants du préscolaire


Petite chorégraphie préparée pour les parents

Tout l'monde entre dans la danse



    La chanson 'Wanito' interprétée par des élèves.

Quelle belle énergie!

Merci pour cette belle journée!


jeudi 15 novembre 2012

Un mois pénible en Haïti


La ville des Cayes sous les eaux lors du passage de Sandy


Après une absence de six mois, ça fait déjà presque un mois que je suis de retour en Haïti...   Ce début de séjour n'a pas été de tout repos ... Comme on dit ici:  Haïti 'sé tèt chajé'!  (tête chargée:  beaucoup de problèmes).    À tous ceux et celles qui lisez ce blog et qui attendiez mon prochain article, sachez que le ton de celui-ci sera peut-être un peu empreint de frustration.

La ville de Port-au-Prince? j'ai peine à en parler ;   toujours le chaos.   Le lendemain de notre arrivée, une seule idée en tête:   sortir de cette ville infernale!  Il faut toutefois s'armer d'une patience d'ange pour ne pas éclater dans ce bordel de circulation!


'route' de Carrefour à la sortie de Port-au-Prince

La route entre Port-au-Prince et la ville des Cayes qui, il y a encore 6 mois, constituait probablement la plus belle route de la République, montre déjà des signes de négligence au niveau de l'entretien.  Ainsi, si les autorités ne s'y mettent pas rapidement, avec la saison des pluies que nous connaissons, elle sera à refaire en partie...

C'est toujours une joie de rentrer chez nous (à 4h30 de route de P.-A-P.), de retrouver nos proches et un émerveillement de constater à quel point la nature peut être généreuse.   Dans ce climat tropical, les plantes et les arbres poussent à une vitesse incroyable!


La nature peut être généreuse mais aussi tellement violente ...   C'est le climat des extrêmes.  De magnifiques paysages de bord de mer se transforment en CAUCHEMAR lors de tempêtes, cyclones ou ouragans....  Petit conseil aux personnes voulant visiter Haïti:  de préférence, venez au cours des mois de décembre, janvier, février, mars;  vous éviterez ainsi d'être pris dans un cyclone ou une tempête tropicale.

Ceci dit, quelques jours après notre arrivée,  l'ouragan Sandy passait dans notre région ...
Trois jours et 3 nuits. Sans courant électrique. De l'eau de l'eau, une pluie torrentielle pendant 3 jours.  Notre maison est devenue une île... Le soir, je me demandais si à l'aube, mon lit n'aurait pas les 4 pattes à l'eau...

Sur la route se rendant à la ville des Cayes

L'eau était à 4 pouces de la dernière marche avant d'envahir la maison; de plus, le toit que nous avions entièrement fait réparer, par un individu qui se disait un expert en la matière, s'est mis à couler à tous les endroits réparés....!  Quoi de plus frustrant que de se rendre compte qu'on s'est fait avoir pour ne pas dire 'fourrer comme on dit en québécois' et que l'on doit tout recommencer.
Pire! que l'on ne sait avec qui faire affaire, car tout un chacun s'invente comme plombier, maçon et électricien ici.

Les champs en culture noyés, une autre récolte perdue. Pour les paysans et habitants de la région, ça signifie  moins de vivres disponibles donc tout augmente .  C'est la misère qui se poursuit.

Sandy partie,  nous sommes allés faire une ballade à Port-Salut.  Les hôtels et restaurants au bord de la mer nettoyaient et réparaient  les dégâts qui dans certains cas ont été énormes.

Plage de Port-Salut 10 jours après le passage de Sandy

Mais ce qui est étonnant ici c'est la grande résilience des gens.  Au lendemain d'une catastrophe, les gens se retroussent les manches et font ce qu'ils peuvent pour améliorer leur situation -- sachant que rien ni personne va les sortir du trou s'ils ne se mettent pas à la tâche...  J'ai beaucoup de respect pour les propriétaires de petites épiceries, restaurants et hôtels, qui malgré tous les problèmes qu'ils confrontent, les hauts et, plus souvent,  les très bas, continuent à faire des efforts pour non seulement pour rester ouvert mais améliorer leurs services.

À la question:  Comment allez-vous? , j'ai toujours trouvé bizarre que l'on réponde ''Nou la''.... (on est là)...ou ''pa pi mal''  (pas plus mal)...  Après ce dernier mois, je suis plus en mesure de comprendre pourquoi  ....  

jeudi 12 avril 2012

Le temps des mangues en Haïti




Étals de mangues sur la route des Cayes
Francique, corne, rond, Madame blanc, Labiche, batiste, fil, carotte, doudouce, muscat, rosalie ... pour ne nommer que celles-là...   Vive les mangues d'Haìti!  Vive la période des mangues!

Manguier Labiche

De la mi-mars et ce pour un mois et demi , c'est la période des mangues en Haïti.  On en voit partout:
sur le bord des routes, les étals se multiplient.

Marchandes de mangues dans un marché public

Marchande avec son bébé de 3 mois


Les gens de la campagne se nourrissent beaucoup des fruits  qui poussent dans leur environnement:   les noix de coco, le fruit de l'arbre à pain, l'arbre véritable, le corossol, les cachimans, les oranges sures, les citrons verts, goyaves, cerises mais lorsque la période des mangues arrivent, c'est l'abondance.  Quand la fringale nous prend, hop! une mangue! Elles se retrouvent dans toutes les mains, petites et grandes!  Saviez-vous qu'une mangue contient l'apport journalier recommandé de  Beta carotène,  vitamine C et A  et de fibres ?  Une vraie 'bénédiction' pour les Haìtiens !

Malheureusement, à cause de la déforestation qui sévit en Haïti, on a coupé beaucoup de manguiers et on hésite pas longtemps à couper à coup de machette de très grosses branches  pour faire du charbon....

La production des mangues est en péril  en Haïti au profit  de d'autres pays producteurs.
Les paysans haîtiens producteurs de mangues rencontrent de nombreuses difficultés.  Le prix qu'on leur donne pour leurs mangues est ridiculement bas et n'encourage nullement cette culture.

Pour la première fois l'an dernier, nous avons nous-mêmes commencé à vendre des mangues produites par les 22 manguiers de notre jardin.  Croyez-le ou non,  les 40 douzaines de mangues franciques et cornes vendues à l'ASPVEFS nous ont rapportées la somme de 140$ Haïtien ! Ce qui équivaut à même pas 20$ US pour tout près de 500 mangues!

Nous avons beaucoup appris de cette expérience...    Cette année,   nous vendons nos mangues à des marchandes de la région; ce qui nous semble pour l'instant préférable compte tenu qu'il n'y a pas vraiment d'autres débouchés.

Cueilleur de mangues qui grimpe un manguier
cueilleur de mangues francisques 

chargement de mangues franciques pour le marché local

Le prix de détail demandé par les marchandes sur le bord des routes dans la région pour les mangues franciques et cornes est de 10$H pour 6 (1.25$ US)

La mangue francique  représente à elle seule un énorme potentiel pour l'exportation, car elle est d'une bonne taille, très sucrée, se conserve facilement et très facile à transformer.    Magnifique opportunité pour Haïti et les paysans. L'exportation a recommencé l'an dernier mais la quantité exportée représente qu'un faible pourcentage de ce qui pourrait être fait.

Il y aurait tant à faire pour aider les paysans à survivre.... je n'ai qu'à penser qu'il n'y a même pas de laiterie pour transformer le lait local et que tout ce qui est disponible comme lait, beurre et fromage dans les 'markets' provient de la France ou d'un quelqu'autre pays.... ça me donne froid dans l'dos!

lundi 2 avril 2012

L'électricité en Haïti et autres préoccupations terre à terre.

Lorsque nous avons décidé de vivre en Haïti à la campagne, connaissant le pays pour y avoir séjourné à plusieurs reprises, deux choses m'importaient:  de l'eau courante et l'électricité 24/24.   Ça vous semble bien raisonnable comme demande?  En Haïti, c'est quasi un tour de force!

L'eau 

Pour avoir l'eau courante,  c'est un peu comme partout à la campagne, il nous faut un  puit artésien et donc une pompe  alimentée à l'électricité ou à énergie solaire c'est la ou le problème réside.

Pour faire fonctionner la dite pompe,  il faut de l'électricité. Problème:  la société d'état qui produit l'électricité (E.D.H.) fournit du courant environ la  moitié de la journée !!!!  Donc, pour pallier au problème de manque de courant,  quand on a du courant électrique, nous nous dépêchons de pomper l'eau dans des réservoirs (chatodo) sur le toit de la maison.

Réservoirs d'eau (chatodo) sur la maison


L'eau ainsi pompée dans les réservoirs nous durera environ 2-3 jours.

L'Électricité

L'alimentation en électricité s'est  améliorée ces dernières années.  En effet, il y a 4 ans, il nous arrivait souvent de manquer d'électricité pour une période de 3 jours  :(  .

Mais vous vous demandez sans doute, s'il y a du courant que la moitié du temps, que fait on l'autre moitié du temps ? enfin pour le réfrigérateur, l' éclairage, etc. ?    Et bien, si on veut du courant 24/24, l'on se doit d'avoir un système qui emmagasine le courant soit un 'inverter' avec des batteries 12 V.


Ca fait pas de jolies photos mais c'est drôlement important dans une maison 

Donc, lorsqu'on coupe le courant, c'est le courant emmagasiné dans ces batteries qui prend la relève.
Avec ces batteries, on peut tenir 2-3 jours .  Il va de soi que lorsque ce système fonctionne, on utilise seulement les appareils électriques absolument essentiels.  Pour nous, ce sont un petit réfrigérateur et un petit congélateur.  Lorsque le système s'alimente du courant emmagasiné, oubliez votre fer électrique et votre séchoir à cheveux!

Fait ''intéressant'': c'est plutôt le jour que nous n'avons pas d'électricité!  Autre fait 'intéressant':  il y a autant de gens qui ont l'électricité illégalement que de gens qui sont abonnés en bonne et due forme!!!.... C'est que compte tenu qu'il y a beaucoup d'Haïtiens qui n'ont  pas les moyens de s'offrir le service, on traficote les fils électriques pour pouvoir bénéficier du courant gratuitement !

Bel exemple de fils traficotés


Bon vous vous demandez:  si vous avez déjà manqué d'électricité pour plus de 3 jours, la chose pourrait se reproduire .... Que faites-vous dans ce cas extrême?  Je l'avoue, nous avons un 3e système pour les situations extrêmes soit une génératrice qu'heureusement nous avons utilisée qu' à de très rares occasions.


Vous me suivez toujours?  Vous êtes tenace et vous portez beaucoup d'intérêt à la chose..;)


La cueillette des ordures


La cueillette des ordures à la campagne est inexistante.  L'état haïtien n'arrive pas à nettoyer les villes, il revient donc à chacun chacune de disposer de ses déchets comme bon lui semble.... Cela veut dire dans  presque 100% des cas.... le feu.   Mettre le feu dans le tas!   Malheureusement, dans ces tas, il y a souvent pas mal de plastique.  Les gens de la campagne ne consomment pas beaucoup donc jettent peu d'emballages de toutes sortes mais tous les breuvages sont vendus dans des bouteilles de plastique !!
On brûle donc beaucoup de ces bouteilles de plastique : (

Encore là, comme on dit ''we're on our own''....

Compost pour ce qui peut se composter; petit incinérateur fait maison pour ce qui doit être brûlé; mini-site pour autres déchets.  Ça prend de l'organisation, beaucoup de conviction et de la détermination.  Oh! j'oubliais un chien et un chat!  Vous riez?   Ce sont des partenaires essentiels à la campagne dans ce  dossier...

Sur ce, quand vous triez vos déchets pour le recyclage et que vous vous plaignez que c'est beaucoup de travail, ayez une petite pensée pour nous!


À la prochaine,

mardi 27 mars 2012

Faire son marché en Haïti

Marchande du Marché de Chantal


Montréalaise, habitant à 15 minutes du plus intéressant marché public en Amérique du Nord, soit le Marché Jean-Talon, à 5 minutes d'une des meilleures boulangeries/pâtisseries  (La bête à Pain), et à deux pas des grands supermarchés, c'est  un défi de taille et toute une adaptation de faire son marché ici en Haïti lorsqu'on vit à la campagne!

Il faut faire la différence entre faire son marché à  Port-au-Prince et le faire en région.  A Port-au-Prince, il y a plusieurs supermarchés modernes (Carribean Market et Giant Market) où il est possible de trouver presque tout.





Mais nous,  nous habitons à 25 kms de la troisième plus grande ville d'Haïti!  La ville des Cayes est effectivement une ville importante en terme de population, d'histoire, d'administration publique mais, coté 'mangeaille', ....Ca fait dur!

Pour faire notre marché, c'est très compliqué!  D'abord il faut vous dire et, je n'en reviens pas encore même après 4 ans:    il n'y a pas de boucherie dans toute la zone des Cayes.    L'achat de viande est donc le 'dossier' le plus compliqué!  Il n'y a pas de boucher,  il n'y a pas de règle ni de réglementation  NON PLUS.    Il n'y a pas un abattage des bêtes règlementé ni d'inspection!

Les bêtes sont souvent abattues dehors dans les marchés publics, vendus à des marchandes qui les vendent en morceaux sur place.

marchande vendant des abats

abattage d'un boeuf


Heureusement, il y a quelques petits 'markets' (épiceries) dans la région qui vendent  de  la viande congelée qui, me semble-t-il..., est plus propre à la consommation.  Par exemple,
au 'market' (épicerie) que je fréquente aux Cayes, il y a  'de la viande moulue' (du boeuf haché) congelée, du jambon tranché congelé, de la dinde tranchée congelé, des cuisses de poulet congelées....THAT's IT!



 Le jarret de boeuf est bon au 'market' de Port-Salut.  Le porc et le poulet congelé ainsi que les oeufs sont disponibles à Bérault (5 kms de chez nous) à la ferme des Soeurs.


Certains légumes frais du jardin(carottes, aubergines, tomates, poivrons), les oeufs frais, le poulet congelé sont disponibles à la ferme du S.E.E.D. aux Cayes.  A l'occasion, ils ont même de la laitue, du piment, des épinards  (différent);  une fois par année, c'est à dire environ pendant 2 sem., on y trouve du brocoli!  WOW!

Tout le reste: riz, maïs moulu, petit mil,  légumineuses (il y a beaucoup de légumineuses qui entrent dans la cuisine haïtienne), les légumes style féculent (bananes plantain, patates, pommes de terre, malanga, etc), c'est dans les marchés locaux que nous nous les procurons.

Marché de Chantal - Riz et légumineuses vendus au verre ou à la marmite

Marché de Chantal


Lorsque, l'automne dernier, un nouveau petit 'market' a ouvert ses portes à Port-Salut, nous offrant des légumes tels que le céleri, le chou-fleur, le navet, les concombres ... enfin autre chose....



j'ai comme repris espoir en Haïti!!!!  Ça prend pas grand chose à une 'optimiste' comme moi ....!
Mais depuis 2 mois, lorsque je vois les légumes qui dépérissent dans le comptoir.....

Coté fruits, je trouve que nous sommes  gâtés.  En ce moment, c'est le temps des mangues, papayes, cachiman, corrossol, cerises, goyaves .  Tous ces fruits produits localement sans pesticides ni engrais.

Corrossols, cachimans, papayes et mangues
Pour ce qui est du pain.   Nous l'achetons chez notre boulanger tout près de chez nous qui boulange 2 fois par semaine.

Mais pourquoi?   pourquoi n'y a-t-il pas de boucherie, pourquoi n'y a-t-il pas d'épiceries nous offrant plus de choix?   Il n'y a pas de marché.   On y revient toujours:   la grande majorité des gens ici n'ont pas de travail.   Quand ils en ont un, ils gagnent très peu.  Rappelons-nous que 78% des gens vivent avec moins de 2$ US par jour.  Alors vous comprendrez que, pour ces gens, l'important c'est de se nourrir pour vivre...  Ils ne mangent que ce qui est produit localement et on ne produit que les légumes et fruits qui ne coûtent pas chers à produire.  Les gens de la campagne mangent peu de viande qui est remplacée par les légumineuses.

Dans ces conditions, nous mangeons  des plats typiques haïtiens de la campagne faits à partir de produits locaux et puis avec un peu d'imagination, nous créons et adaptons les plats que nous connaissons.  Le kilométrage que nous faisons pour faire notre marché devient une activité hebdomadaire qui nous permet d'aller à la rencontre des gens du coin.

Bon appétit!